Famille Bayat

Bayat, une tribu turque, est l'une des 22 tribus "Oqoz" éparpillées en Iran, Afghanistan, Turkéménistan, Uzbekistan, République d'Azerbaïjan, Arménie, Turquie, Syrie et Irak. Le mot "Bayat", qui a aussi été enregistré comme "Bâyât", signifie "qui possède" ou "qui amène des bénédictions". La tribu originale, dans les généalogies légendaires turques, atteint "Bay At", deuxième fils de Goune Khan, lui-même le fils de Oqoz Khan.

La tribu Bayat, comme les autres grandes tribus turques, avait son propre emblème avec des figures différentes selon différentes sources. Les Bayat vivaient, avant leurs massives émigrations à l'ouest de l'Asie, autour de la rivière Qaramouran (ou "Qaramoran" selon Hamdollah Mostofi) dans le nord de la Chine.

Selon le livre "Jamé-o-Tavarikh", des groupes appartenant à cette tribu, connus au nom de "Bayavet", étaient devenus une catégorie de tribus Mongoles, ceci des décennies avant la règne de Genghis Khan. Ceux-là étaient, dans la catégorisation propre aux Mongols, des tribus "Dorleguine" qui se réfère aux Mongols sans vrai lignage. Les deux branches de cette tribu s'appelaient "Jedi Bayavet" et "Kahron Bayavet". La première détient son nom de la rivière Jedi en Mongolie et la deuxième parce qu'elle vivait dans le désert. Ces deux tribus ont participé aux campagnes militaires de Genghis Khan et Holaku Khan en Iran.

Dans les sixième et septième siècles, une grande tribu turque nommée "Bayavout" vivait dans le désert de Kharazm qui probablement appartenait aux tribus "Yamak" ou "Kimak". À cause de l'affectation de Tarkan Khatoune, la mère du Sultan Mohamed Kharazm-Chah, et celle de la mère d'Ozloq-Chah, le prince héritier du Sultan Mohamed, les émirs de cette tribu ont gagné beaucoup de pouvoir à la cour de Kharazm-Chah; au point où Qatloq Khan, dans la concurrence qui prit place pour remplacer le Sultan Mohamed Kharazm-Chah, tenta d'assassiner ce dernier en faveur d'Ozloq-Chah. Cependant, one ne peut équivaloir avec certitude les Bayat et les Bayavout. Mojtaba Minavi، dans ses écrits sur le caractère de Jalaleddine Mirkebreï, s'est seulement contenté de demander s'il y avait en effet un lien entre Bayat et Bayavout. Quelques chercheurs ont stipulé ces dernières années que les Bayavout n'étaient pas des tribus Mongoles, mais les mêmes que les Bayat turques.

La date de l'entrée de la tribu Bayat dans les plateaux de l'Iran n'est pas très claire, mais selon plusieurs sources historiques, il se peut que ces peuples se soient éparpillés dans les plateaux de l'Iran au début du cinquième siècle, au moment de l'attaque des Qazan et des Seljuk et que dans leur élan militaire, aient atteint le désert du Châm et les côtes de la Méditerranée. Dans ces percées, des groupes appartenant à cette tribu se sont implantés dans le Grand Khorassan, l'Irak persan, le Kurdistan et le Lorestan. Ebn-Khaldoun informe d'un établissement de longue durée de cette tribu en Iran et en Irak arabe. Les disputes qu'il y eut entre les Bayat et les chefs de tribu Lor menèrent à l'extinction des Bayat éventuellement. Atabak Chodjaeddine Khorchid-Chah, le gouverneur de Lorestan, qui était furieux des empiètements des Bayat turques sur ses possessions, les batailla et les vainquit, et la territoire Bayat devint une sphère du pouvoir de Khorchid-Chah. Le nom de la territoire Bayat était considéré à cette époque comme l'un des noms importants de domaines tels que Baghdad, l'Irak arabe, le Khouzestan et le Lorestan. Avec le passage des siècles, le nom de cette territoire se référa à un cercle plus restreint qui comprenait le château Bayat comme son point le plus illustre, un château qui se trouvait sur le chemin de Dezfoul et l'Irak arabe.

Certains Bayat qui, dans leurs longues migrations, étaient arrivés à l'Anatolie et au Châm, joignirent Qoreh Ottoman, le gouverneur des Aq-Qovinlou. Après l'extinction de la dynastie Aq-Qovinlou, le clan Bayat rejoignit le gouvernement safavide. Eventuellement, beaucoup de tribus quittèrent l'Anatolie et migrèrent vers l'lran. Ce groupe de Bayat se fit appeler Qoreh-Bayat plus tard pour que la distinction puisse se faire avec les Bayat qui étaient restés en Iran. Sur ce même principe, les tribus restées en Iran furent appelées Aq-Bayat ou Bayat-Motlaq ("Bayat absolu"). Apparemment, la division des Bayat de Châm faisait partie des tribus qui ont formé les Qadjar par la suite, et les grands de cette tribu faisaient partie des seigneurs de la cour de Fath-Ali Chah.

Les chefs de tribus Bayat dans l'Irak iranien ("Irak Adjam") qui étaient comptés parmi les plus grands groupes d'Aq-Bayat, étaient considérés comme les grands du gouvernement safavide pendant le règne du Chah Tahmasb I (1551-1605). Même les dommages infligés à la tribu par le Chah n'empêcha pas leur soumission et services à la cour.

L'un des groupes des tribus, deux siècles plus tard, rejoignit Aqa-Mohammad Khan Qadjar (règne: 1831-1832) et devint ainsi considéré comme des grands de la cour des Qadjar. L'un des plus connus de ces grands, qui vivait à l'époque de Nassereddine-Chah (règne: 1885-1934), s'appelait Ali-Naqi Khan Bayat et titré "Nezam Lachkar" ou "Samsam-ol-Molk", et était l'un des grands féodaux de l'Iran en même temps que chef d'un groupe armé de l'époque. Ses fils, Zolfaqar Khan ("Samsam-ol-Molk") et Abbas-Qoli Khan ("Sahm-ol-Molk"), étaient aussi, comme leur père, considérés comme des grands de l'époque. Morteza-Qoli Khan Bayat ("Saham-ol-Soltan"), qui devint plusieurs fois parlementaire et même deux fois ministre et premier ministre, était le fils d'Abbas-Qoli Khan.

De nos jours, toutes les tribus Bayat de l'Irak Adjam (donc iranien) se trouvent vers Kazzaz et Karamroud et plusieurs des autres villages d'Arak, s'occupant d'agriculture pour subvenir à leurs besoins. D'autres tribus qui vivent à Makou, s'y sont établies depuis la fin de la règne du Chah-Abbas I (règne: 1616-1658), ou ont émigré vers le début de la règne de Chah-Abbas II (règne: 1671-1698) d'Iravan à Makou.

Un autre groupe des tribus Bayat s'était établi dans le Kurdistan de l'Irak arabe. Chah-Tahmasb II (règne: 1756-1766) les exila aux alentours de Téhéran et du Savejbolaq de Karadj. En 1765, Nader-Chah qui était encore avocat de la cour de Chah-Tahmasb II, après avoir vaincu Kirkouk, exila un autre groupe de cette tribu à Khorassan. Nader-Chah exila aussi des groupes de Bayat, Afchar, Djavanchir, Chahsoun et Bakhtiari en Afghanistan. La majorité de ce groupe s'installa à Kabul et se nomma "Qezelbache". Le quartier des Qezelbache de Kabul est un souvenir de ce groupe.

Une autre partie de ces tribus qui a été présente en Iran depuis avant le dixième siècle, se compose des Bayat de Neychabour et qui se fit connaître sous le nom de Qoreh-Bayat. La date exacte de l'entrée de cette tribu à Khorassan n'est pas connue, mais l'on considère que ce groupe y soit entré après l'attaque des Mongols. On peut se souvenir d'Abbas Khan Bayat-Mokhtari, Jafar Khan et Aliqoli Khan comme des noms illustres de cette partie de la tribu. Ces trois étaient, de génération en génération et de tour à tour les gouverneurs de Neychabour jusqu'au début de la règne de Fath-Ali Chah Qadjar.

Il y avait encore, tout dernièrement, des branches nomades des Bayat parmi les tribus Khamseh et Qachqaï de la province de Fars, ainsi que parmi les Turkemen du nord de l'Iran. À part ces populations, des milliers de familles urbaines et rurales Bayat existent à Zandjan, Téhéran, Karadj, Chiraz, Zarand, Kerman, Machhad, Neychabour, Arak, Damavand et d'autres villes de l'Iran.

Après cette grande distribution dans les villes et provinces d'Iran, les gouverneurs Qadjars eurent l'idée, pour les affaiblir, de les diviser en de plus petites parties. Les seuls grands Bayat restants qui purent garder leur autorité furent les Bayat de Kazzaz (province d'Arak). Cette branche de la famille put atteindre de grands postes au gouvernement dans la dynastie Qadjar et après, sous le règne des Pahlavi. Elle put aussi faire survivre le nom "Bayat" en faisant des dons en forme d'écoles, d'hôpitaux et autre donations à Arak et alentours.

Mossadegh
Pages d'histoire d'Iran

Mosssadegh pages d histoire d Iran

Adbol Madjid Bayat Mossadegh
Éditions Geuthner - 2012

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